Le thème commence ENFIN à surgir dans les médias, mais il est plus que grand temps que cela devienne une véritable préoccupation planétaire. Car le plastique, lui, n’a pas attendu le 21ème siècle pour devenir problématique pour l’environnement (et, par l’effet de la chaîne alimentaire, pour beaucoup d’animaux dont nous, humains)!

En seulement quelques décennies, depuis le milieu du 20ème siècle, avec l’avènement du tout-plastique-car-c’est-pratique-et-pas-cher, le plastique s’est immiscé absolument partout dans nos vies.

(©)

(©)

On a beau savoir depuis déjà de nombreuses années, que tout le plastique produit sur Terre depuis le tout premier y est encore, sous une forme plus ou moins grosse pouvant aller jusqu’à la nanoparticule (un millionième de millimètre!); savoir qu’il finit en grande partie dans les océans et se fait ingérer par toutes les espèces de la plus petite (zooplancton), à la plus grande (baleine), sans oublier les oiseaux marins; savoir aussi qu’un septième continent s’est formé dans le Pacifique et grossit chaque année, alimenté par les 8 millions de tonnes de matières plastiques qui y sont déversés sans scrupule; on a beau savoir tout ça… la production mondiale de plastique AUGMENTE toujours chaque année ! Oui, oui, elle continue d’augmenter !

C’est un drame écologique, un parmi tant d’autres certes, mais celui-ci nous pouvons individuellement agir efficacement pour le réduire. Le consommateur, vous, moi, avec les emballages, bouteilles d’eau, sachets, gobelets, etc. joue un rôle majeur dans cette problématique. L’idée n’est pas de bannir de façon brutale tout usage de ces matières plastiques, car elles ont des constitutions et des formes très nombreuses et présentent un certain nombre d’avantages aussi. Mais regardons un peu où il est facile de modifier nos habitudes, notamment quand ce plastique a un usage extrêmement court ou unique.

Dans ma salle de bain

Le nombre de produits que nous stockons dans cette petite pièce est impressionnant ! La plupart du temps, les étagères débordent et le bord de la baignoire est rempli de flacons en tous genres ! Avons-nous besoin de tant de choses différentes? Pourquoi ne pas essayer de minimiser un peu tout ça, en utilisant un savon, un shampoing et un dentifrice pour toute la famille ?

Cotons à démaquiller lavables, rasoirs non-jetables, coupes menstruelles pour les femmes, cotons tiges en bois, brosses à dents en bambou sont autant de solutions durables ou compostables. Pour les shampoings, savons, démêlants, dentifrices, déodorants, des versions solides existent (donc sans emballage). Autre possibilité, garder des flacons de shampoing/gel douche vides et les remplir de produits liquides en vrac. On réutilise ainsi le plastique pendant de longues années.

Si tout le plastique n’est pas évitable (médicaments), beaucoup en tout cas l’est ! Alors lançons-nous !

Dans ma cuisine et mes courses

Dilemme au rayon crème fraîche (@ManaMani)

En faisant mes courses, entre deux produits qui me conviennent, je choisis celui sans emballage ou avec l’emballage le moins épais ou moins volumineux (sachet plutôt que boîte; emballage carton plutôt que plastique; puis je le jette au tri sélectif). Je choisis de préférence les produits dans des pots en verre plutôt qu’en plastique. Les viandes et poissons au supermarché sont en barquettes plastique entourées d’un film, un combo que j’évite en apportant mon propre contenant pour le faire remplir au stand “à la découpe” lorsqu’il existe. J’évite le plus possible les contenants en polystyrène (vous savez, ces petites billes blanches agglomérées) car il s’agit d’un plastique polymère qui n’est que très rarement accepté dans les filières de recyclage, et pourtant, il est ultra-présent dans la restauration à emporter et ailleurs.

Une avancée assez simple, me semble-t-il, est de bannir la vaisselle, les gobelets et couverts jetables pour les soirées entre amis ou les pique-niques (sans attendre la mise en oeuvre, en 2021, de la loi française en la matière).

Emballage alimentaire réutilisable (@ManaMani)

Les films d’emballage alimentaires, souvent souillés, sont de très mauvais clients pour le recyclage. Pour stocker des restes de repas, j’utilise des boîtes (elles sont réutilisables des dizaines d’années), une assiette ou un couvercle posé sur un saladier ou casserole, des films réutilisables en coton enduit de cire. Soit dit en passant, le film aluminium peut bien souvent aussi être remplacé par ce genre de solutions, pour des sandwichs comme pour de la cuisson (attention: pas le film en cire pour cuire. La cire craint le chaud !). Il est important d’y penser car l’aluminium est un métal qui requiert une énergie folle depuis son extraction minière jusqu’à sa transformation et sa fabrication ! Alors, certes, il se recycle très bien… mais pour des boîtes de conserve pas pour les films déroulants… Et son recyclage, lorsqu’il a lieu, est très énergivore aussi !

Les sacs et sachets sont présents dans la quasi-totalité des produits industriels que nous achetons, depuis les céréales et gâteaux (vendues dans un carton ET un sachet), de nombreux légumes frais préemballés, ou légumes secs comme les légumineuses, … Si possible, j’évite les conditionnements en portions ou paquets individuels, très commun dans les produits pour enfants notamment. Ça peut sembler idéal pour le goûter de nos chérubins, mais les quelques biscuits de leur journée peuvent être glissés dans une petite boîte qu’on remplit de nouveau le lendemain. Pour le reste, je ne saurais trop vous recommander de trouver un magasin de vente en vrac près de chez vous, il en existe de plus en plus, et certains services commencent à proposer des livraisons et même du drive-in en vrac (cf.: le “drive tout nu” à côté de Toulouse), pour lesquels on restitue les contenants solides lors de la commande suivante.

@Solenn Launay

J’ai pris l’habitude de garder les bocaux en verre (type confiture, cornichons, etc.) et j’ai acheté quelques jolies boîtes solides (ça se garde toute la vie) que je remplis de produits du quotidien : sucre, farine, épices, lentilles, pâtes, céréales, thé, café, et bien d’autres ! En visitant un magasin vrac, vous serez surpris de la variété des denrées proposées. Il y a bien souvent des huiles, vinaigres, sirop, etc. mais aussi des produits ménagers (on peut remplir un ancien flacon de liquide vaisselle plutôt que d’en racheter un de plus) et même des choses plus alléchantes comme des bonbons, des gâteaux apéritifs ou du chocolat pour les plus gourmands !!

Dans mes activités à l’extérieur

@ManaMani

Dès que nous sortons boire un verre, on se retrouve d’emblée avec une (voire deux!) paille en plastique dans notre cocktail! Une résolution ultra-simple, qui ne coûte rien et rapporte beaucoup pour la nature: refuser les pailles en amont, lors de la commande. Et pour nos cocktails préférés, il existe des pailles lavables, en métal généralement, qu’on peut avoir dans son sac en attendant que les bars se mettent à en fournir.

Pour les adeptes de boissons chaudes à emporter qui passent tous les jours prendre leur café sur leur chemin et ressortent avec un contenant à usage unique et son couvercle plastique : faites-vous offrir un mug ou un petit thermos à vous, qu’ils vous rempliront. Si vous prenez le temps de consommer sur place, précisez-le à la commande pour avoir une tasse “en dure”.

J’en arrive aux bouteilles en plastique. Bouteilles d’eau, de jus, de lait, de soda… elles sont partout, dans toutes les tailles ! Pourquoi consommer de l’eau en bouteille quand l’eau du robinet est parfaitement surveillée et d’une excellente qualité dans bon nombre de pays ? (Je ne parle pas ici de la nécessité vitale dans d’autres endroits du monde d’avoir accès à ces bouteilles d’eau lorsque les conditions sanitaires ne permettent pas une consommation sûre). Pour ceux qui tiennent absolument à consommer de l’eau industrielle (vendue beaucoup plus chère au litre que toute eau du robinet), essayez de choisir la taille la plus grande de contenant et de la transvaser dans une gourde ou un verre. Pourquoi? Car, en proportion, la quantité de matière nécessaire pour contenir un produit est d’autant plus grande que le contenu est petit (ce principe est d’ailleurs valable pour tous les achats). Et soyons pragmatiques, si malgré tout, on se retrouve avec une bouteille d’eau entre les mains, elle peut être remplie des centaines de fois avant d’être jetée au tri. Elle peut, elle-même, servir de gourde pendant de longs mois.

D’aucuns diront que l’eau du robinet est chlorée, c’est vrai, et indispensable contre les contaminations. Quoi qu’il ne soit pas nocif à ces concentrations, sachez que le chlore disparaît très vite à l’air libre. En remplissant une carafe d’eau à l’avance, on peut considérer qu’au bout d’une demie-heure, le chlore sera évaporé. Pour ceux qui consomment des jus et sodas industriels, l’idéal pour éviter le plastique est de choisir des canettes, des bouteilles en verre, des briques en carton et de s’assurer de les jeter dans des bacs de tris adéquats ! De plus en plus de supermarchés proposent des jus d’orange pressés à la demande et mettent pour cela à disposition des bouteilles en plastique qui peuvent se réutiliser. Ceci dit, diminuer nos consommations reste la meilleure façon de réduire les déchets que nous produisons.

En voyage

Que faire quand on part en voyage ? La note écologique des déplacements est souvent très lourde pour l’environnement en terme de déchets et de gaspillages. Pêle-mêle : les plateaux repas (avion, train, stations d’autoroute), les produits à usage unique dans les chambres d’hôtel, les serviettes et draps qui sont changées tous les jours ou presque avec une “facture” d’eau et d’énergie inouïe – et ce, quoi qu’en dise le petit écriteau présent dans la plupart des salles de bain d’hôtel qui n’est d’ailleurs jamais suivi d’actes.

Nos compagnons de voyage : kit carrés à démaquiller et savons / shampoings solides (@ Mana Mani)

Comment limiter, un tant soit peu, ces impacts ? Le jour du départ, je prépare un en-cas et un sandwich maison. Je remplis une bouteille (ou une gourde) que je garde de côté. Contrairement à certaines idées reçues, les aliments ne sont pas interdits dans les avions. Seuls les liquides ou fluides de plus de 100 mL, pleins au passage des contrôles de sécurité, sont proscrits. Il est donc tout à fait possible d’emmener à manger et de remplir sa gourde d’eau au robinet d’un lavabo (ou d’une fontaine à eau – de plus en plus présentes) en salle d’embarquement (après les contrôles de sécurité).

Une fois dans ma chambre d’hôtel ou chez un hôte, plutôt que d’utiliser les flacons en plastique de savon/shampoing de contenance quasi-unitaire, j’utilise mes propres produits (solides de préférence). Comme ça, pas besoin d’utiliser le petit savon proposé par l’hôtel et qui sera jeté le jour de mon départ. Si néanmoins je m’en suis servi, je l’emporte pour m’en resservir plus tard. Et je fais attention à mon utilisation de serviettes même si on m’en met plus que nécessaire à disposition.

Au bureau

La machine à café qui me détecte mon mug (@Mana Mani)

Nos cafés quotidiens tombent dans un gobelet en plastique que nous jetons deux minutes plus tard à la poubelle (poubelle tout venant bien souvent car combien d’entreprises proposent un tri sélectif ?!). Pour éviter ça, j’ai sur mon bureau une tasse qu’il ne faut qu’une petite minute à laver en fin de journée. Lorsqu’il n’y a pas de cafetière au bureau, mais une machine automatique, me direz-vous ? Il faut savoir qu’en insérant une tasse à l’emplacement normal de remplissage, souvent, la machine ne délivrera pas de gobelet et remplira le contenant qu’elle aura détecté. Je fais de même avec les fontaines à eau: je remplis ma tasse ou un verre plutôt que d’utiliser des gobelets en plastique.

Si le choix entre papier blanc et papier recyclé existe dans votre entreprise (dans le cas contraire vous pourriez tenter de le demander), il est possible de régler les paramètres d’impression “par défaut” sur le bac de papier recyclé et ajouter la sélection “noir et blanc”, “2 pages sur 1” et “recto-verso”. Ça fait une sacrée différence au quotidien. Les rares fois où on a spécifiquement besoin d’un joli document couleur sur papier blanc, on modifie ponctuellement ces caractéristiques.

Au-delà des déchets, et tout comme à la maison, il est crucial de faire en sorte d’éteindre les lumières et de limiter l’usage de la climatisation ou du chauffage à des températures décentes, pour ne pas être en manches courtes l’hiver et en pull l’été ! Si chacun d’entre nous éteignait son ordinateur le soir en partant (voire le midi), la consommation d’énergie dans les bureaux seraient moindre… et le patron fort content !

Auteur Solenn Launay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *