L’énergie est la notion la plus fondamentale pour appréhender les sujets actuels. Nous utilisons de l’énergie plus qu’on ne le réalise. Acheter une baguette de pain a nécessité de l’énergie pour cultiver le champ de blé, transformer le grain en farine, préparer la pâte, cuire, fabriquer et recycler son emballage et assurer le transport entre chaque étape. Dans mon quotidien, j’utilise également beaucoup d’énergie. Qu’elle soit fossile, nucléaire ou renouvelable, sa consommation a un impact sur le climat, l’environnement, la biodiversité.

Vous avez déjà les bons réflexes en sortant d’une pièce : baisser le chauffage et éteindre les lumières. Ceux de ne pas laisser couler l’eau en vous brossant les dents, en vous rasant ou en faisant la vaisselle et de privilégier une douche (courte) plutôt qu’un bain. Bravo. Outre d’enseigner ces automatismes à vos enfants (voire à vos amis ou collègues !), vous pourrez, je l’espère, trouver des petits idées complémentaires dans cet article, à faire et à partager.

Dans ma cuisine

@ Mana Mani

J’adapte le niveau de froid de mon réfrigérateur à son taux de remplissage et à la température de la pièce. Sans danger de rupture de la chaîne du froid, il n’est pas nécessaire de mettre son frigo au maximum, surtout s’il est à moitié rempli. Pour lever tout doute, on peut installer un petit thermomètre pour s’assurer qu’il y fait entre 3 et 5°C (pour le congélateur les recommandations sont entre -17 et -15°C). Parfois, en plein été, je dois remonter un peu sa puissance, mais le reste du temps, la pièce étant tempérée, le « frigo » ne lutte pas contre une chaleur extérieure extrême.

Pour aller plus loin: lorsque je pars pour plus d’une semaine de chez moi, j’arrive, sans trop d’efforts, à finir tous les restes et à vider mon frigo pour l’éteindre le temps des vacances. En plus ça permet de le dégivrer, ce que je ne pense pas à faire d’ordinaire (or, c’est aussi une action qui permet des économies d’énergie).

Même en tant que locataire, j’ai pris l’habitude d’installer des mousseurs sur mes robinets pour réduire la consommation d’eau (sans que cela se ressente à l’usage). Un mousseur hydroéconome (ou aérateur) est un embout qui se fixe à l’orifice de sortie du robinet, et qui, en ajoutant de minuscules bulles d’air dans l’eau de sortie, permet de réduire le débit d’un robinet standard de 30 à 70% sans perte de confort. (Source). On en trouve chez tous les quincailliers habituels à partir d’environ 3,50€ la paire et ça s’installe en 2 minutes avec une clé à molette. Par ailleurs, j’ai pris l’habitude d’utiliser les cycles courts et/ou basse température du lave-vaisselle, lave-linge, sèche-linge : c’est amplement suffisant pour que tout ressorte propre et/ou sec !

Devinette pour les accros au thé ! J’ai à ma disposition des plaques de cuisson de tout type, une bouilloire et un micro-ondes. Laquelle m’offre le meilleur bilan carbone pour un litre d’eau chaude?

Le plus écologique pour chauffer de l’eau (@Mana Mani)

Même si le gaz reste moins cher, chauffer de l’eau avec une bouilloire ou des plaques à induction (à condition de poser un couvercle) est plus écologique. Cependant, la bouilloire électrique moderne consomme beaucoup d’électricité, d’autant plus que la quantité d’eau à chauffer est grande et que la température à atteindre est élevée. Voici deux pistes d’optimisation :

  • J’ajuste la quantité d’eau au plus près de mon besoin ; pour une tasse de thé (un mug fait environ un quart de litre) pas besoin de remplir intégralement la bouilloire (généralement 1,5 à 2L).
  • J’adapte la température à mon besoin : si l’eau frémit c’est bien souvent assez. Je ne la fais pas systématiquement bouillir (ça évite de se brûler la langue). Il existe des bouilloires programmables pour choisir précisément la température à atteindre. Souvent un peu plus onéreuses à l’achat, elles permettent de consommer moins d’électricité à l’usage. Et si vous ne souhaitez pas changer votre bonne vieille bouilloire, vous pouvez apprendre à l’écouter, et l’arrêter manuellement dès les premiers frémissements sans attendre le « gros bouillon ».
(@ Solenn Launay)

De manière analogue, lorsque j’utilise une casserole, j’adapte le volume d’eau à chauffer aux aliments que je veux y cuire, sans toujours remplir ma casserole à ras-bord. J’utilise un couvercle pour que la chaleur ne s’échappe pas. Une fois l’ébullition atteinte, je réduis un peu la puissance de la cuisinière pour juste maintenir sa température (et ça évitera que ça ne déborde). Lorsque l’eau bout, inutile d’attendre 10 minutes avant d’y plonger les aliments, l’eau est à 100°C et ne deviendra pas plus chaude en attendant ! La cuisson commence aussitôt.

Si possible, il est avantageux d’utiliser une cocotte-minute pour les aliments les plus longs à cuire. La durée de cuisson en sera considérablement réduite.

Pour aller plus loin :

  • La cuisinière a généralement des emplacements de différentes tailles. Je choisis la taille la mieux adaptée à la poêle ou la casserole utilisée pour éviter les déperditions autour.
  • Lorsque j’utilise mon four : dans tous les livres de recettes, à chaque début de recette, il est écrit « préchauffez votre four à tant de degrés ». Ce conseil était sûrement pertinent du temps de nos grands-parents, mais les fours modernes sont très efficaces et moi pas forcément autant ! Préparer les ingrédients et suivre la recette de bout en bout me prend généralement plus de 10 minutes ! Alors je préchauffe mon four, oui, mais seulement lorsque ma préparation est presque terminée !

J’ai chaud !

Les étés sont de plus en plus chaud et, comme moi, vous hésitez à acheter une climatisation? Les climatiseurs se répandent à une vitesse folle sur l’ensemble de la planète mais ils sont source d’une consommation énergétique très importante et utilisent du HFC qui est un puissant gaz à effet de serre. Alors, je me dis qu’avoir chaud quelques semaines par an, ça fait partie du jeu, et que cela ne vaut pas la peine d’investir dans une clim. Il existe des solutions pour ne pas étouffer, surtout dans la plupart des pays tempérés: créer un courant d’air, tirer les rideaux, éviter l’usage du four. Là où je le peux, j’éteins ou je diminue la clim: en voiture, dans une chambre d’hôtel, ou au bureau (ça évite que tous les collègues ne s’enrhume en plein été !) – tout en vérifiant que les fenêtres soient fermées. Je trouve ça particulièrement énervant, quand il fait chaud dehors, de devoir mettre un pull au bureau ou dans les magasins, car la clim est à fond (avec parfois, c’est aberrant, les portes ou fenêtres ouvertes ! ) Et pour dormir dans une chambre plus fraîche, j’aère le soir venu, ou j’utilise un petit ventilateur d’appoint (de bonne qualité – c.f. sa classe énergétique) qui consomme env. 10 fois moins d’énergie qu’un climatiseur !

Pour aller plus loin : Selon l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) la moitié des climatiseurs en service se trouvent actuellement aux États-Unis et en Chine. La perspective de développement de ces équipements est gigantesque et pourrait passer de 1,6 milliards de climatiseurs aujourd’hui, à 5,6 milliards dans le monde entier, en 2050. Soit 10 climatiseurs vendus par seconde pendant les 30 prochaines années. Ce taux d’équipement futur nécessiterait l’équivalent de la production d’électricité des États-Unis, de l’Europe et du Japon cumulés pour les faire fonctionner (source), augmentant donc nettement les émissions de gaz à effet de serre liées à la climatisation !

Toujours selon l’AIE, 10% de la consommation d’électricité mondiale est d’ores et déjà due aux fonctionnements des climatiseurs et ventilateurs !

Pour relativiser le besoin que chacun pense avoir de la clim : « sur les 2,8 milliards de personnes vivant dans les lieux les plus chauds de la planète, seuls 8% sont équipés de climatiseurs ». L’humain est donc tout à fait capable de s’adapter pour supporter un peu de chaleur l’été.

J’ai froid !

Cocooning (@ Solenn Launay)

De manière analogue, en hiver, j’utilise le chauffage de manière raisonnée et raisonnable. Pas besoin de surchauffer mon logement, ni d’être en T-shirt en décembre. Autour de 20/21°C en journée ça me convient. D’autant qu’il est plaisant d’avoir des saisons différenciées et parmi mes petits bonheurs hivernaux du quotidien, être en pull à col roulé tout doux, ou sur mon canapé avec un plaid sur les jambes, sont des choses agréables. Et si votre entreprise vous surchauffe, essayez de la sensibiliser sur le sujet. Là où c’est possible, je règle moi-même le thermostat en accord avec mes collègues, pour un juste confort pour tous. Pour les nuits, il est recommandé de dormir dans une chambre à 18 ou 19°C. Le reste du logement peut passer la nuit à une moindre température. De même, lorsque je ne suis pas chez moi en journée, je ne chauffe pas en permanence. En rentrant, je réhausse le chauffage de quelques degrés. Lorsque je pars plusieurs jours, je baisse sensiblement, voire j’éteins mon chauffage (c’est d’autant plus facile en appartement).

Sinon, pour le reste, j’installe des prises multiples avec un interrupteur que j’éteins le soir et en partant en vacances. C’est moins laborieux que d’éteindre un à un les équipements hifi ou électroménagers qui, sinon, restent en veille et consomment de l’énergie inutilement. J’essaye de ne pas oublier ma box internet qui se fait aussi petite que gourmande.

Et n’oubliez pas, la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas.

Auteur Solenn Launay

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